Trésors Humains Vivants (THV) du Mali, proclamation deux mille huit

Le patrimoine culturel comporte plusieurs catégories parmi lesquelles les Trésors Humains Vivants (THV). Ce sont des individus ou groupes d’individus possédant des savoirs et des savoir-faire dans des domaines privilégiés qu’ils cherchent à pérenniser et à mettre à la disposition du grand public. Sept (7) personnes physiques et morales ont été proclamées « Trésors Humains Vivants » du Mali par le Ministère de la Culture, lors de la célébration de la Semaine Nationale du Patrimoine Culturel, en avril 2008. Il s’agit de :

Les Familles Hamane Hou (Quartier de Sankoré) et Koba Hou (Djingareyberre) de Tombouctou sont des corporations de maçons célèbres pour leurs savoirs et savoir faire dans le domaine de l’architecture de terre. Ces deux familles exercent leur art de construction (elles sont maître d’œuvre et architecte) de façon exceptionnelle et avec une obligation de succès, d’un ouvrage à un autre sous peine de trahir le métier. Elles entretiennent d’étroites relations de collaboration et de respect mutuel, se consultent sur les travaux d’intérêt commun, codirigent les travaux (cela de 1833 à nos jours), connaissent et maîtrisent les matériaux de construction de ces grands ouvrages en terre.

Le Barey-ton, corporation de maçons de Djenné a séduit les chroniqueurs arabes dès le 15ème siècle et les explorateurs européens aux 18ème et 19ème siècles par sa maîtrise de l’architecture de terre, caractérisée par deux types de façades: la façade Toucouleur qui se remarque par la présence d’un auvent au dessus de la porte, et la façade marocaine se distinguant par son intense ornementation, mais sans auvent. Comme leurs devanciers de tous les temps, les barey d’aujourd’hui assurent et assument le rôle et le comportement de transformateurs de la fange en maisons monumentales servant toutes de rappels des pages d’histoire d’une façade à l’autre et d’un savoir faire à l’autre. La célèbre mosquée de Djenné, construite en 1907, en est l’illustration.

Mariam Bagayogo

Mariam Bagayoko, virtuose du Nkusunbala : Le Nkusunbala, gros balafon du Bélédougou a été rendu célèbre par l’inépuisable Mariam Bagayogo (née vers 1936 à Kolokani), véritable référent de cette variété de l’instrument. Avec ses chants en cantiques passant de la parole rythmique à la chanson mélodieuse estampillées d’éléments narratifs empruntés à tous les genres de  l’oralité et ponctuées de sons aigres – doux du balafon, Mariam a marqué, et marque encore, la scène nationale et de nombreuses rencontres des cultures du monde de son instrument aux grosses caisses de résonance et son message, toujours le même, de cohésion sociale en milieu paysan. Fidèle à elle même, virevoltante, prompte et agile malgré son troisième âge, sa musique reste et demeure celle festive, produite à l’occasion des mariages, des réjouissances des jeunes garçons et filles et des fêtes agraires. Pour l’éternité elle a chanté des titres fétiches comme : « Ciwara« , « Bassabougou« , « Kolontigi baro« , « Brinbrin kondio« , etc.

Karamoko Bamba

Bamba Mahamoud dit Karamoko Bamba, Philosophe – conservateur, Maître du Nko : Né vers 1935, il est un homme à facettes multiples: mille métiers, mille valeurs! Il est Maître d’Arabe, Maître Maçon, Maître Animateur du Mouvement Culturel « N’ko », système d’écriture comprenant 27 caractères. Inventé en 1949 par le guinéen Souleymane Kanté, ce système d’écriture permet de transcrire avec toutes les inflexions vocales toutes les langues mandingues, d’où son appellation N’ko, formule contractée de Ne ko, je dis, j’ai dis en Malinké, Bambara et langues voisines. Homme sensible ayant l’œil et l’attention à tout,  poreux à tout vent, homme qui prend et apprend quelque chose de chaque rencontre, Karamoko Bamba a, dans sa quête perpétuelle de reconstitution de l’histoire, des traditions (mœurs et coutumes) et des faits sociaux, fini par acquérir une sagesse au sens de la connaissance du monde et de la société.

Koné Oumou

Koné Oumou, traumatologue : Née en 1972 à Djibabougou (Nionsonbougou cercle de Kolokani), elle a hérité d’un savoir-faire familial entouré de mythes et de règles strictes en matière de transmission aux héritiers (de père en fils ou de mère en fille). Koné Oumou traite les traumatismes : fractures, entorses, foulures, luxations, lésions et autres pathologies provoquées par des facteurs extérieurs et même certains troubles neurologiques.

Il ne se passe de jour où elle ne reçoit de personnes blessées dont certaines lui arrivent des hôpitaux conventionnels. Les bons résultats qu’elle obtient généralement permettent aujourd’hui à la jeune traumatologue de vivre de son art.

 

Bekaye Niaré

Békaye Niaré, traumatologue : D’un abord agréable, volubile au ton enjoué et très en verve, Békaye Niaré, aujourd’hui âgé de 80 ans – il est né vers 1930- parle sans retenue de sa science aux origines mystiques qu’il tient de son grand-père et qu’il devrait à son tour transmettre à ses frères, à  ses enfants masculins, ou à  ses  filles. Il traite les fractures  simples, les doubles fractures, les luxations  et  les entorses. Le traumatologue coopère avec la médecine moderne, notamment, l’Hôpital National de Kati. La transmission s’effectue de  génération en génération, au sein de la famille.

 

 

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